Quand Un p’tit pneu plus loin découvre un petit pays au grand cœur

NICARAGUAcoeur

Du 29 mars au 29 avril 2017

J’vous l’donne en mille : il fait nuit quand nous arrivons au Nicaragua. Depuis notre entrée au Mexique, les recommandations n’ont pas changé “NE ROULEZ PAS DE NUIT” et franchement on fait ce qu’on peut mais en vain. Le passage de deux frontières dans la journée n’a pas aidé, c’est sûr, d’autant plus que nous sommes deux véhicules, donc deux fois plus de temps.

Et c’est donc de nuit que nous rejoignons notre premier bivouac à Somoto.

Le Cañon de Somoto

Nous stationnons sur le terrain de Marlon et de sa famille qui ont la gentillesse de nous accueillir en nous offrant à dîner malgré l’heure tardive.

Le lendemain matin, accompagnés d’un guide nous partons à la découverte du canyon, l’une des plus anciennes formations rocheuses d’Amérique centrale. Alternant marche à pied, saut du haut des rochers et nage dans une eau plus ou moins profonde, chacun à son rythme a pu profiter de cette escapade. Rien de mieux qu’une vidéo pour illustrer le propos (Merci Cyrille Briffaud pour le montage).

C’est à Estelli, notre étape suivante, où nous avons dormi dans un car wash que nous laissons Anass reprendre la route seul. Peut-être nous recroiserons-nous plus tard? C’est aussi là que nous quittons temporairement la BriffaudFamily.

Le sculpteur del Jalacate et la Communidad la Garnacha

La carte indique une route que nous suivons allègrement. Et comme très souvent en Amérique centrale, dès que tu sors de la route principale tu tombes sur quoi ? Une longue, très longue piste, sur laquelle tu crains pour ton véhicule plus que pour toi. Et tu avances, doucement, slalomant entre les creux et les bosses, ton véhicule tremblant de tous ses membres et cette route qui n’en finit pas, qui n’en finit pas…

25 Km plus loin, soit une heure et demi plus tard, ouf ! Notre première étape est en vue : la finca (propriété) d’Alberto Guttierez, sculpteur de son état qui vit au milieu de nulle part avec ses frères. Depuis 38 ans, il sculpte les rochers de sa montagne. Ses inspirations: de Fray Bartolomé de las Casas à Ruben Dario en passant par le World Trade Center ou la religion. Personnage intéressant, un ermite qui en presque 40 ans a déjà vu passer plus de 44 000 visiteurs. En plus, il offre des bananes !

La visite terminée, nous poursuivons en direction de la Comunidad La Garnacha, communauté rurale organisée en coopérative et réserve naturelle.

Lolo, un ex-missionnaire, nous accueille et nous fait découvrir l’endroit et son mode de fonctionnement. Elevage de chèvres, fabrication de fromage, cultures maraîchères, café et artisanat sont les activités principales de la communauté. Les productions sont vendues sur site aux touristes ainsi que sur les marchés locaux.

Et nous dans tout ça? Nous avions envie de nous investir et d’apporter notre contribution. Lolo développe depuis un an son activité dans le café et plusieurs jours de suite nous l’avons aidé à avancer dans la fabrication de sachets. Les enfants n’ont pas été passionné longtemps par cette activité et Romane a vite disparu dans le village pour jouer. Quant à Alex, il a passé du temps à arpenter la rue principale pour proposer ses services. Il s’est même réveillé trois matins de suite avant six heures pour aller traire les chèvres.

Une parenthèse qui nous aura permis de nous rendre compte encore une fois de la chaleur des nicaraguayens et nous sommes impatients de poursuivre nos découvertes.

Tiens, il y avait une autre route pour arriver, oups…

VOLCAN MASAYA

Le volcan est en activité et l’idée d’accéder à son cratère nous séduit. Après quelques kilomètres de route, nous abordons à pied la dernière pente pour y côtoyer la lave. Elle est là, à quelques mètres, sous nos yeux… et dans la lumière du crépuscule le spectacle est fantastique.

Nous bivouaquons le soir aux pieds du monstre, même pas peur.

Le lendemain matin nous reprenons la route. Sachant que la BriffaudFamily se rend à la Reserva La Flor, près de San Juan del Sur nous décidons de leur faire une surprise et de les y rejoindre pour aller voir les tortues.

Reserva La Flor, la plage aux tortues

Ici, on vous rappelle que prendre la route c’est aussi emprunter la piste. Une nouvelle fois nous allons être gâtés. Moins que certains qui vont devoir se faire remorquer (ils se reconnaîtront…).

La réserve de La Flor est un site privilégié, géré par l’armée qui assure la protection des tortues de mer limitant le braconnage et le vol des œufs. La plage est en effet un lieu de reproduction. Nous avons eu la chance plusieurs nuits successives d’assister à une ponte ainsi qu’à l’éclosion de centaines de petites tortues qui après environ 40 jours d’incubation dans le sable chaud font surface et gagnent la mer. Le spectacle est magique.

Outre l’assistance aux bébés tortues, la pêche, le bodyboard et les soirées cartes furent également au programme du séjour durant lequel les Visiterra se sont joints à nous. Nos amis canadiens nous font part à l’occasion de leur choix d’écourter leur voyage et de rentrer au Québec. Nous avons voyagé longtemps ensemble de Vegas au Mexique et nous étions recroisés à plusieurs reprises avec beaucoup de bonheur et cette séparation annoncée nous attriste. C’est la fin d’une étape, reste une belle histoire d’amitié, beaucoup de souvenirs communs et deux petites filles qui ne s’oublieront jamais. A bientôt les Zamis !

coeur

Qu’est-ce qu’on est bien ici. Quoi? Déjà une semaine. Il va falloir qu’on pense à bouger quand même… Alex est impatient de retrouver son papa qui vient passer une semaine au Nicaragua. Dans quelques jours nous devons être à León. Une nuit dans un garage à Rivas et nous remontons vers les nord tandis que la BriffaudFamily descend au Costa Rica.

Mind The Gap Nica, Playa San Diego

Kix (notre ami canadien rencontré au Yucatan) est à playa San Diego. Si on faisait une surprise aux enfants? La route est belle pour une fois. Et là, au milieu de nulle part (et au coucher du soleil, bien sûr), l’embrayage rend l’âme et c’est péniblement en seconde que nous nous rapprochons d’un hameau pour ne pas être seuls et trouver de l’assistance.

Une nouvelle fois nous mesurons la gentillesse et l’esprit solidaire de la population. Tout le village se met en quête d’une solution et moins de trente minutes après notre arrivée un ami mécanicien d’un des habitants s’engageait à intervenir. A 7 heures le lendemain il était à pied d’oeuvre sous le véhicule, démontait le disque, le déposait à 11 heures dans un atelier de la capitale, le récupérait remis en état le lendemain matin pour le remonter de suite sur le véhicule. C’était un dimanche.

Et pendant ce temps : les enfants ont trouvé de nouveaux copains, les femmes nous ont approvisionné en pâtisserie et galettes locales, nous avons assisté à un chemin de croix, tout le village ou presque a visité le CC, bref nous étions chez nous ou chez eux, comme vous voulez. Nous ne pouvions toutefois rester et après diverses photos, des remerciements chaleureux et quelques embrassades, c’est un peu tristes mais soulagés de pouvoir rouler de nouveau, que nous nous séparons. ¡Adios amigos y muchísimas gracias por su ayuda tan preciosa!

Nous reprenons la route vers playa San Diego, puis une piste dans un sens, puis dans l’autre en marche arrière faute de pouvoir avancer plus loin, puis la route à nouveau et enfin la piste pour arriver à destination et s’ensabler une fois, puis une autre…Ça crée des liens tout ça ! Nous rencontrons Mathieu, un acadien en voyage avec sa famille, qui a de supers plaques de désensablement. Avec son assistance, celle de Kix et de quelques passants nous sortons de notre embarras avant de rejoindre Rachel, la femme de Mathieu pour prendre un pot.

Même si ce n’est pas idéal en terme de stationnement, l’endroit est sympathique et vivant. Une nouvelle plage, des amis pour les grands et pour les petits, du soleil, à boire et à manger… Que demander de plus?

Mais les jours défilent vite et le moment est venu de filer à León où la chaleur est épouvantable. Une nuit étouffante et une promenade sur les toits de la cathédrale plus tard, l’heure est venue de déposer Alex qui va profiter de son papa à fond.

Bon, qu’est-ce qu’on fait?

Rachel et Mathieu nous avaient parlé d’un bivouac au nord, un restaurant tenu par des français…. Vous nous connaissez, on ne pouvait pas rater ça ! Direction Al Cielo, près d’Aposentillo. Accueillis par William et Xavier, nous sommes restés trois jours à profiter de plats dont nos palais commençaient à oublier les saveurs. Un terrain magnifique, une cuisine raffinée, une piscine, des cabanas, des cocotiers, du soleil et le Pacifique à proximité… Trop dure la vie!

Tiens, un message des P’tits Revy : Aller sur l’île d’Ometepe ? Oui, pourquoi pas.

Merci les gars pour votre accueil et vos bons p’tits plats et bonne continuation !

Ometepe…ou pas

Retour près de Rivas où nous rejoignons Micka et Flora qui nous disent qu’on peut prendre le bateau tout de suite. En fait non, pas possible. On passe la soirée sur la plage voisine et le lendemain on vient nous dire qu’on peut prendre le bateau. On remballe en vitesse et on s’avance sur le quai. Euh, en fait non, pas possible. On fait la queue au guichet mais après une heure, la guichetière n’est toujours pas là. Attendre n’est pas un problème mais quand on attend, on réfléchit…si c’est aussi compliqué d’y aller, sera-t-il aussi compliqué d’en partir? Nous ne pouvons pas prendre le risque d’être en retard pour retrouver Alex dans trois jours. Nous abdiquons à regret et décidons de… Allez, on vous laisse deviner !

Playa Maderas

La plage est à 28 km d’ici. C’est tout près. Hi, hi, hi, mais c’est 28 km de piste, et il nous faudra près d’une heure et demi pour atteindre cette toute petite plage de surfeurs. Les pieds dans l’eau, entre baignade, surf et école nous passons ici les trois jours qui nous séparent de nos retrouvailles avec Alex.

Et voilà, le moment est venu de quitter le Nicaragua. Nous filons récupérer Alex à Granada, dormons de nouveau à Rivas et parcourons les 40km, qui nous séparent du Costa Rica.

Ce petit pays au grand cœur nous laissera de très belles images, de belles aventures, de belles rencontres avec des habitants plein de tendresse et de gentillesse. Si nous devions retourner dans un pays d’Amérique centrale, ce serait celui-là, indéniablement.

DSC_1322

@ très vite !

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